Skyrock.com
  • ACCUEIL
  • BLOG
  • PROFIL
  • CHAT
  • Musique
  • Sources
  • Vidéos
  • Waka
  • Groupes
  • Cadeaux
  • Facebook
  • Connecte-toi
  • Crée ton blog

  • Blog
  • Profil

Fiction On Florent Mothe

Photo de Song-for-Mrs-Mary

Song-for-Mrs-Mary

Description :

Et si tous les préjugés, toutes les bévues, tous les faits pouvaient être remis en question ?
Et si la musique était une clé ?









M.O.R le 13/03/2010
-> Magique.

M.O.R le 05/05/2011
- > A venir.

  • Envoyer un message
  • Offrir un cadeau
  • Ajouter à mes amis
  • Bloquer
  • Devenir fan

Ses Honneurs (8)

  • Anniv' 2 ans
  • Kiffé Koi !
  • Post 25
  • Mobile
  • Amis 100
  • Fans 50

» Suite

Son profil

Profil de Song-for-Mrs-Mary
Song-for-Mrs-Mary17 ans
Salzbourg Xp (76)
France

RSS

Signaler un abus

Infos

  • Création : 30/03/2010 à 23:57
  • Mise à jour : 03/04/2012 à 02:33
  • 25 926 visites
  • 187 visites ce mois
  • 32 articles
  • 4 401 commentaires
  • 307 amis
  • 8 favoris
  • 303 kiffs

Ses archives (32)

  • Chapitre 30
  • Chapitre 29
  • Chapitre 28

» Suite

Fan de (8)

  • MozartFicMozartFic
  • FictionxAboutxOperaRockFictionxAboutxOperaRock
    17 ans
    Metz
    France France
  • see-your-smile-againsee-your-smile-again
  • Dors-Mon-AngeDors-Mon-Ange
  • Sweet--SoundSweet--Sound

» Suite

Ses amis (307)

  • Good-night-sweet-girlGood-night-sweet-girl
  • x-ne-dis-jamais-jamais-xx-ne-dis-jamais-jamais-x
  • mikelangelo--flowmikelangelo--flow
    21 ans
    France France
  • meme-lisameme-lisa
    15 ans
    dans un monde ou le reve et pa - Marne (51)
    France France
  • F-ma-RevelationF-ma-Revelation
  • xMozart-FiictiionxMozart-Fiictiion
  • xFiction-JustinxxFiction-Justinx
  • flow-fic518flow-fic518
    15 ans
    chez moi
    France France
  • Magnii-fiic-mozartMagnii-fiic-mozart
    14 ans
    Orléans - Loiret (45)
    France France
  • oOoMissElooOooOoMissElooOo
    22 ans
    Tournai
    Belgique Belgique
  • FictionxAboutxOperaRockFictionxAboutxOperaRock
    17 ans
    Metz
    France France
  • FlorentMothe-xFlorentMothe-x
  • darkkiller76darkkiller76
    17 ans
    Des Moines
    États-Unis États-Unis
  • AnnuaireFiction-MozartAnnuaireFiction-Mozart
    17 ans
    France France
  • What-I-find-in-your-eyesWhat-I-find-in-your-eyes
  • musette0906musette0906
    17 ans
    pezenas - Hérault (34)
    France France
  • Flow-FansFlow-Fans
  • xBoOouuxBoOouu
    18 ans
    France France

» Suite

Ses groupes (13)

  • Team ROSENBERG
  • мιкєℓαηgєℓσ ℓє ρℓυѕ вєαυ ∂єѕ мαяιé (ℓ)
  • Les écrivaines-devins pessimistes !
  • Si toi aussi tu craque sur la méche de Salieri, alors ce groupe est...
  • Groupe secret
  • MιĸelαɴGelo LoCoɴтe : υɴ Arтιѕтe d'Eхcepтιoɴ ♥
  • On les aiment à en crever !
  • pour tous ceux qui aime la fiction "MozartFic"
  • Fan de Mikelangelo Forever !!!
  • T'aime FictionAboutMelissaMars?

» Suite

Son morceau préféré

«  Lorsqu’on est plus sûr de rien, que la seule chose qu’on veux c’est devenir invisible alors la seule solution c’est disparaître . »

Boîte de Pandore.

« Lorsqu’on est plus sûr de rien, que la seule chose qu’on veux c’est devenir invisible alors la seule solution c’est disparaître . »

Jouer Ajouter à mon blog

Skyrock Music

Liens Skyrock Publicité

Design by Song-for-Mrs-Mary

'Cause there is always a begin...

'Cause there is always a begin...____Bienvenue sur Song-for-Mrs-Mary, ma fiction sur Mozart L'Opéra Rock, mais également, et plus précisément, sur Florent Mothe, cet artiste que j'admire, et que je rêve de rencontrer.
Je débute, alors faites moi part de vos impressions, vos critiques. J'espère que ce que j'écris vous plaira. ~





Blog secret ! J'tiens pas à être désactivée ;)


54 fans ! Je ne vous remercierai jamais assez <3


Histoire terminée !
Mais..La suite est ici !
Pour les newletters, prévenez moi sut l'autre blog, Merci :D

/!\ Important /!\
Je fais une autre fiction, en collaboration avec Marie. Allez donc y jeter un oeil !
C'est ici.


Place à la lecture !
__________________________________________________________________

Prologue.
__________________________________________________________________
<< L'âme n'a pas le pouvoir
de se voir elle-même mais,
tout comme l'½il,
bien qu'elle ne se voie pas,
elle saisit le monde extérieur. >>

Cicéron.
Les lumières dansent devant mes yeux. Tout autour de moi n'est que cris et acclamations. Je les regarde, à applaudir, à me faire des signes. Est ce moi qu'ils fêtent ainsi ? Est moi qu'ils regardent avec ces yeux passionnés ?
Oui, c'est moi. Mikele me le rappelle par une douce pression de mes doigts. Je le regarde, et lis dans ses yeux trop maquillés que c'est moi qu'ils acclament.
Moi. Nous. Je baisse les yeux vers la fosse, et la vois, immobile. Elle me contemple de ses grands yeux bruns brillants d'émotion, tandis qu'un sourire heureux orne son visage.
- Marie !
Son sourire s'élargit encore quand elle m'entend crier son nom, et elle me fait un petit signe de la main. Nos regards se croisent, et je me sens apaisée. La boule qui bloque ma gorge, mes mains moites, mes vertiges ont disparus quand Florent revient avec sa guitare.
- Une dernière ? Hurle-t-il à la foule.
Des acclamations ravies lui répondent. Puis un silence religieux s'installe, tandis que les flashs crépitent. Religieusement, il place ses doigts sur le manche, baisse la tête, laisse sa frange recouvrir son visage, puis entame, tandis que les notes s'égrènent dans la salle :
- Cette nuit, intenable insomnie...
Instantanément, les paroles sont reprises par la foule. Cohorte de voix unies par le même plaisir. Tous autour de moi se joignent à lui, mais moi je le regarde.
Je le regarde et une larme roule sur ma joue, bien malgré moi. Quand je repense à ce qui s'est passé, comment j'ai pu me retrouver là. Il me regarde, intrigué. D'un sourire, je le rassure. Il me fait alors un clin d'½il, chassant définitivement le reste de mon esprit.
Rassérénée, je prends une grande inspiration et me lance à mon tour, en empêchant ma voix de trembler d'émotion.
- Je voue mes nuits...



__________________________________________________________________
​ 15 | 651
Commenter

Plus d'informationsN'oublie pas que les propos injurieux, racistes, etc. sont interdits par les conditions générales d'utilisation de Skyrock et que tu peux être identifié par ton adresse internet (38.107.179.234) si quelqu'un porte plainte.

Tu n'es pas identifié. Clique ici pour te connecter à ton compte

#Posté le mercredi 31 mars 2010 00:51

Modifié le jeudi 13 janvier 2011 23:46

Newletter

______Vous voulez être au courant des nouveaux chapitres postés ?
C'est un commentaire ici. La demande de participation moyenne est d'un avis tous les deux chapitres environ.
A vos claviers !




Prévenus :
Sweet--Sound - lili25331 - elle-senvole-x. - Abstrait-et-moi - Yulliie - MyxOnlyxOnexMarie - see-your-smile-again - un-destin-une-fiction - Eneria - LaVie-VaOu - xFiction-Justinx -
- x-mavie-meshumeurs-x - fiiction-mozart - fl0rentaliassalieri - xmozart-fiictiion - mozartfic - fiction-of-mozart - mikele-l-thetalent - offres--com - mr-florent-salieri - ooomisseloooo - fictionxaboutxoperarock 4sept89 - pikachow - unjourrimeavectoujours - mellldu91 - xbooouu - thissongisforyou - moncoeuresttien - mozart-opera-rock-fic- colorsxthelife - lol-kishou - Special-Madie - x--Lilouuuuuu - Lies-Lies-Lies - missdisney77 - x-missscrazygirl-x - MOR-Mikele-Fic - ficMLandCM - Flow-fans - Marjo-Salieri - i-m-single - MOR-forever-x
​ 2 | 135
Commenter

Plus d'informationsN'oublie pas que les propos injurieux, racistes, etc. sont interdits par les conditions générales d'utilisation de Skyrock et que tu peux être identifié par ton adresse internet (38.107.179.234) si quelqu'un porte plainte.

Tu n'es pas identifié. Clique ici pour te connecter à ton compte

#Posté le jeudi 01 avril 2010 08:03

Modifié le lundi 27 juin 2011 00:22

Chapitre 1

<< L'amour est clair comme le jour,
l'amour simple comme le bonjour,
l'amour est nu comme la main,
c'est ton amour et le mien... >>

Jacques Prévert.

♫ Acceptance - Different ♫

__________________________________________________________________

« Bip ! Il est sept heures et nous sommes le mardi treize mars. Le soleil brille aujourd'hui en dépit des basses températures qui... »
D'un geste rageur, j'envoyai valser mon stupide radio réveil à travers ma chambre, rituel quotidien. J'allais finir par le casser, un jour.
Je replongeai ma tête dans les draps et me préparai mentalement à me lever. Quand soudain, mes yeux d'ouvrirent tout seuls. Quel jour sommes-nous ? Je cours rechercher ce pauvre radio réveil qui a atterri près de mon armoire, et déchiffre le cadran digital.

Sam. 13 mars


Samedi treize mars ? Samedi treize mars...samedi treize mars !
Je sautai sur mon lit et entamai une danse de la joie en tenant mon réveil serré contre moi. Comment avais-je pu oublier ce jour que j'avais mis tant de mois à attendre ? Mon c½ur s'emballa alors que mes yeux se posaient sur le morceau de papier rectangulaire posé en évidence sur mon étagère.
Religieusement, je le prends dans mes mains et le relis une fois de plus.

« Mozart l'Opéra rock, samedi 13 mars, porte 10 parterre A siège 314. »


Je jubilais. Enfin, enfin j'allais pouvoir les voir. Enfin j'allais pouvoir les entendre chanter mais, surtout, j'allais le voir...Lui.
Lui. Celui qui m'a incitée à chanter. Mon mentor. Celui que je rêvais par-dessus tout de rencontrer. Florent Mothe.
Le c½ur léger, sifflotant victime de ma victoire, je fis mon sac, m'habillai et descendis prendre mon petit déjeuner.
Pendant que je trempais mes lèvres dans mon chocolat bouillant, je pensai à la matinée de cours épuisante qui m'attendait. Epuisante et longue.
Trop, beaucoup trop longue à mon goût.
En arrivant au collège, je vis Marie courir vers moi, ses longs cheveux bruns battant dans le vent. D'un seul mouvement, elle jeta son sac et se précipita sur moi. Nous roulâmes à terre en riant sous le regard hautain des autres élèves. Nous nous en fichions.
Après quelques embrassades baveuses sur les joues, elle s'assit et me regarda les yeux pétillants.
- Prête ? Me dit-elle.
- Prête, lui répondis-je en attrapant sa main.
Alors que nous marchions vers le collège, main dans la main, elle s'écria :
- Oh si tu savais ! J'ai pas dormi la nuit dernière. J'en ai rêvé, et ce matin, ma première pensée à été « c'est aujourd'hui ! »
- Ouais, ben moi ma première pensée a été « putain de réveil ! »
Elle éclata de rire, alors que la sonnerie retentissait, nous promettant une journée de cours assommante.
Alors que les théorèmes s'enchaînaient au tableau, mon regard se perdit au-delà de la fenêtre. Je fixai sans les voir les rares feuilles encore accrochées aux arbres, battantes, envers et contre tout.
- ...N'est ce pas Mademoiselle Campbell ?
Je sursautai en entendant mon nom, et toute la classe éclata de rire.
Rouge de honte, je bredouillai :
- Ou... Oui Madame Gibs (pour ne citer personne... ).
- Qu'étais-je en train de dire ?
Marie me montra la paume de sa main que je fixai discrètement, puis j'entonnais d'une voix sûre :
- Que deux droites perpendiculaires sont parallèles à une même troisième, madame.
Désarçonnée, la taupe belliqueuse qui me servait de professeur de maths réajusta ses lunettes en grommelant, puis repris son cours.
J'adressai un large sourire à Marie, assise deux rangs derrière moi, et elle me rendit un clin d'½il.
Elle et moi étions amies depuis la sixième. Nous avions tout partagé. Notre lien était si fort que les gens ne le comprenaient pas. Ils ne comprenaient pas que nous nous tenions la main en toutes occasions. Ils ne comprenaient pas les regards complices que nous échangions à cause d'un mot seulement. Ils ne nous comprenaient pas, tout simplement.

Le reste de la journée s'écoula lentement, d'une allure paresseuse. Le soleil était haut dehors, bien que chacune de nos expirations déclenchaient de petits nuages de vapeur. Un temps que j'adore. Une froide journée d'hiver ensoleillée. Rien de mieux pour cette journée, que je voulais parfaite.
Quand enfin la sonnerie du dernier cours retentit, nous fûmes les premières à être dehors, sous le regard désapprobateur de mon professeur de géographie (Oui, je me venge sur mes profs xp ). Lorsqu'il eut le dos tourné, Marie lui tira la langue d'une façon si odieuse que je ne pus me retenir d'éclater de rire.
Le trajet jusque chez moi se fit d'un pas tranquille. Main dans la main, nous marchions en chantonnant Je dors sur des roses. Maintenant que plus rien ne nous séparait de cet après midi, nous étions plus sereines.
En rentrant chez moi, nous trouvâmes deux petits tas identiques sur la table de la cuisine : Un sac contenant un pique nique, un billet de vingt euros, et nos places, trônant au dessus de ce monticule.
Un petit mot était posé entre les deux tas, écrit de la main de ma mère :

Alors, prêtes ?


Ca pour être prêtes, nous l'étions ! J'échangeai un regard complice avec Marie, avant de me précipiter dans les escaliers.
- Maman ! Beuglais-je.
- Oui ? Me répondit-elle d'une voix amusée.
Je me jetai dans ses bras en la remerciant de cette attention si précieuse. Elle n'avait pas oublié.
- Ca va, pas la peine d'en faire tout un plat ! Allez, on file à Rouen !
La remerciant d'un sourire, je filai dans ma chambre me préparer, pendant que Marie contemplait sa place d'un air rêveur.
Dix minutes plus tard, nous roulions en direction du zénith de Rouen. Plus la route défilait, plus je sentais se rapprocher mon rêve, mon destin.
Je n'aurais pas pu l'expliquer, mais j'avais l'étrange impression que tout allait changer aujourd'hui. Que demain, tout serait différent. Cette certitude pulsait en moi au rythme des kilomètres que nous parcourions.
Une heure plus tard, la voiture s'arrêta devant un grand dôme de métal où était inscrit « Zénith ». Marie serra fort ma main dans la sienne alors que nous marchions d'un pas décidé vers ce que nous attendions depuis des mois.


__________________________________________________________________

Un premier chapitre un peu court, mais je me rattraperai ;-)
Quelle est cette sensation que Laura ressent en s'approchant du Zéntih ? Vos impressions !
15 commentaires pour la suite ?
​ 13 | 68
Commenter

Plus d'informationsN'oublie pas que les propos injurieux, racistes, etc. sont interdits par les conditions générales d'utilisation de Skyrock et que tu peux être identifié par ton adresse internet (38.107.179.234) si quelqu'un porte plainte.

Tu n'es pas identifié. Clique ici pour te connecter à ton compte

#Posté le jeudi 01 avril 2010 08:58

Modifié le lundi 27 juin 2011 00:22

Chapitre 2

<< On dit beaucoup plus de choses
avec ses yeux qu'avec sa langue.
Par notre regard,
l'être se livre tout entier. >
>
Marcel Portal

Nevershoutnever - bigcitydreams

__________________________________________________________________

La première chose que nous remarquâmes en arrivant près des portes, c'est le groupuscule de fans hystériques qui tenait en siège la boutique d'accessoires. C'était à qui reviendrait la plus belle paire de boucles d'oreilles Mozart, où qui aurait la dernière affiche dédicacée. Des cris hystériques nous parvenaient, nous faisant frémir de dégoût.
- Des groupies, cracha Marie en tirant la langue.
- On rentrera quand elles seront parties, décidai-je.
Ma mère partit boire un café alors que nous déambulions devant le zénith en nous imaginant comment serait le spectacle. Nous nous étions interdites de regarder la moindre vidéo du spectacle, gardant la surprise jusqu'à la fin.
Nous avions presque fait le tour quand une porte que nous n'avions pas vu auparavant s'ouvrit à la volée. Deux hommes en sortirent, une cigarette à la main. Ils étaient vêtus de justes au corps moulant. « Des danseurs ! » Me dis-je.
- Ouf, ça fait du bien, dit l'un des hommes en tirant sur sa cigarette.
- Fais gaffe à pas trop sentir, Dove n'aime pas ça, répondit l'autre.
- Mais que font les stars ! Ils sont en retard.
- Oh tu connais Mélissa. Elle veut pouvoir se faire belle...
Enfin, ils semblèrent nous remarquer. Ils nous dévisagèrent avec une crainte mêlée de curiosité. Après un silence gêné, l'un d'eux commença :
- Vous êtes ici pour...
- Echapper à la horde de groupies hystériques, dis-je en souriant.
Les deux hommes éclatèrent de rire en nous tendant leurs mains.
- Ca nous rassure, dit l'un.
- On s'attendait à vous voir nous demander un autographe de l'un des artistes ou un truc comme ça, renchérit l'autre.
- Eh bien, un autographe ne serait pas de refus, mais on va pas vous embêter avec ça, dis-je en leur serrant la main. On peut rester ici le temps que ça se calme là bas ?
- Bien sûr, vous nous tiendrez compagnie.
Nous nous adossâmes à la paroi en aluminium du zénith, tout en bavardant de la pluie et du beau temps.
L'un des hommes, qui s'appelait Jean, brûla son juste au corps avec son mégot.
- Et merde, c'est ma fête.
Aussitôt, je sautai en face de mes trois compagnons et criai, accompagnée de Marie :
- C'est la...fête à Mikey ! ( Référence aux propos de F.Mothe à attention à la marche.)
- La fête à qui ? Fit une voix dans mon dos.
La tête que Marie fit à cet instant m'incita à ne pas me retourner. L'accent que j'avais entendu dans cette voix également.
Lentement, je pris une, puis deux inspirations.
- Marie, commençai-je d'une voix posée. Si tu me dis que Mikelangelo Lonconte est derrière moi, et qu'il m'a entendu se foutre de lui, je te jure que...Que je pars habiter chez madame Gibs !
Tout en se retenant de rire, mon amie me répondit d'une petite voix :
- Au moins, tu remonteras ton niveau en maths...
Je fermai les yeux, puis pivotai lentement. Je ne pus trouver le courage de les rouvrir. Je me trouvais pathétique.
Un grand éclat de rire salua mes yeux clos, puis deux mains se posèrent sur mes épaules.
- T'inquiète pas, je vais pas te manger, bella.
Enfin, j'osai ouvrir un ½il. Sous l'effet de la surprise, l'autre s'ouvrit tout seul.
- Salut, moi c'est Mikelangelo, et toi ? Me fit-il avec un sourire.
- Je...sais qui vous êtes, répondis-je d'une petite voix.
Puis je me tapai la tête avec ma main, ce qui le fit se tordre de rire.
- Quelle conne ! M'écriai-je. Je me retrouve devant vous, et je sors que des âneries !
- T'en fais pas, on est deux ânes alors, me répondit Mikelangelo en me faisant un clin d'½il, qui fit accélérer ma tension d'un coup.
- Pour éviter à mon amie de se faire totalement ridiculiser, je vais faire les présentations, dit Marie en venant à mon secours, bien que ses yeux soient brillants d'émotions. Je m'appelle Marie, et elle, c'est Laura.
- Enchantée, Maria, dit Mikelangelo en baisant la main de mon amie.
Le visage de mon amie passa en quelques secondes par plusieurs hétéroclites : Blanc, rouge, rosé, puis écarlate.
Elle bredouilla quelques mots intelligibles, puis baissa la tête.
- Ha ha ! Vous valez pas mieux l'une que l'autre ! Rit Mikelangelo. C'est donc moi qui vous émeus à ce point ?
Heureusement, je m'étais repris, et le dévisageai avec ironie.
- Et encore, vous n'avez pas vu le troupeau de groupie aux portes ! Heureusement qu'il n'y a que nous sinon, vous seriez déjà mort !
Mikelangelo fit mine de se cacher derrière Jean, ce qui nous fît éclater de rire.
- Mais j'y pense, personne n'était censé connaître l'emplacement de l'entrée des artistes ! S'écria l'italien après ce moment de rigolade passé.
- Elles étaient pas au courant ! Elles sont venues ici toutes seules !
- On voulait échapper aux groupies, dit Marie d'une toute petite voix, toujours aussi écarlate.
- Oh, ça change tout. Mais au fait, je suis tout seul moi ! Y sont où mes copains ? Wouhou, les copains !
Mikele gesticulait dans tous les sens, ce qui était risible à pleurer...et vraiment trop mignon.
Il tomba à genoux, et se prit la tête entre les mains.
- Oh rage, oh désespoir, ils se sont faits manger par les groupies ! Florent, Solal, Merwan, ils sont tous morts !
- Ah non, plaçai-je entre deux hoquets de rire, on est pas venues ici pour rien !
- Non, en effet, fit une voix que je ne connaissais que trop bien.
Merwan, Solal et Florent émergèrent de derrière le bâtiment.
Mon pouls s'accéléra jusqu'à me faire mal le long des tempes. Ma gorge devint soudain très sèche, et le sang me monta à la tête.
Florent Mothe était là, à quelques mètres de moi, et me regardait avec un sourire amusé.
- Oh ! Fit Marie, la bouche en c½ur. Laura, tu devrais avoir idée de fuir les groupies plus souvent !
- Mon copain Mikey ne vous a pas trop embêtées ? Fit Merwan en saisissant l'intéressé par le cou en le coinçant sous son bras.
Tous éclatèrent de rire en entendant le pauvre Mikelangelo supplier dans un mélange confus d'italien et de français, mais je n'y fis pas attention.
Mon regard restait rivé sur Lui. Et il me regardait en retour, de plus en plus attentif. Son regard se fit sérieux. Il devait se demander pourquoi je le dévisageais comme ça.
Gênée, je baissais les yeux, tandis qu'il me regardait toujours.
- Oh Flow, t'es en arrêt sur image ? S'enquit Solal.
- Faut croire, marmonna l'intéressé.
Enfin, je repris conscience avec ce qui se passait autour de moi. Je lâchai à mon tour un « Oh » d'admiration et découvrant Solal et Merwan.
Puis tout le monde se mit à parler en même temps. Solal demanda avec inquiétude quand le spectacle commençait, s'ils avaient le temps de se préparer. Merwan le rassura en l'emmenant avec lui à l'intérieur. Ils nous fîmes tous les deux des clins d'½il avant de disparaître à l'intérieur du Zénith.
Mikele engagea la conversation avec Marie, ses joues étant devenues plus roses.
Je me tenais immobile et regardais avec attendrissement mon amie et le sourire béat qui ornait son visage quand on m'interpella.
- Euh...hum, Laura, c'est ça ?
Je sursautai en retrouvant Florent à à peine un mètre de moi. Je me concentrai pour ne pas bredouiller, et répondis en m'emmêlant les pinceaux :
- Oui euh non monsieur euh oui madame euh...
Florent ouvrit des yeux ronds tandis que je me mordais les lèvres en essayant de ne pas pleurer face à ma stupidité. Je venais de me ridiculiser devant mon idole. Comme la vie était mal faite.
Florent émit un petit rire et, avec un clin d'½il, me répondit :
- Tu me prends vraiment pour une femme ?
- Non, pas du tout, m'écriai-je en agitant les mains frénétiquement. En fait, je suis un peu trop maladroite et mon esprit fonctionne encore moins bien que d'habitude.
- T'en fais pas, me répondit-il avec un sourire à faire fondre la banquise, on a tous le cerveau un peu déglingué. Justement, tu veux bien apaiser le mien ? Je suis sûr de t'avoir déjà vu quelque part. J'en mettrais ma main au feu. Tu peux me dire où ?
- Euh...Nous ne nous sommes jamais rencontré auparavant. Sinon croyez-moi, je m'en souviendrais.
Florent me dévisagea avec un drôle d'air, comme s'il cherchait dans sa mémoire où il avait pu me rencontrer. Le voir me dévisager ainsi fit s'emballer mon pouls une fois de plus, et le rouge me monta de nouveau aux joues.
Voyant ma gène, mon idole s'excusa.
- Pardon, je suis nul parfois. Désolé si je t'ai mis mal à l'aise, c'est que ton visage ne m'est pas inconnu...
- Florent, nul ? S'écria Mikele en saisissant l'intéressé par les épaules, il est totalement sadique oui ! (Référence à sweet—sound, n'est ce pas ! )
- Roh tu exagères, ronchonna Florent en baissant les yeux.
C'est ce moment que choisi Solal pour débarquer, essoufflé.
- Bon les mecs on est à 20 minutes du lever de rideau ! Flow, t'as le temps, mais Mikele grouille toi !
- J'arriiiiive, chantonna ce dernier. A plus mes gazelles, rendez-vous sur scène.
Il nous souffla un baiser, fit une révérence, avant d'être traîné de force par Solal dans le zénith.
- Quel gamin, fis-je en éclatant de rire.
Marie fixait la porte, les yeux humides.
- T'inquiètes, tu le reverras à la séance de dédicace, enfin...s'il ne s'est pas fait manger avant.
- Qui aurait cru que je rencontrerais mon idole en voulant échapper à ses groupies, marmonna mon amie sans quitter la porte des yeux.
Nous nous retournâmes vers Florent, toujours immobile, à me regarder à la dérobée.
- T'es vraiment sûr qu'on s'est jamais vu ?
- Un peu qu'elle est sûre ! Beugla Marie. Si elle vous avait rencontrée, elle m'aurait cassé les pieds avec ça toute la journée ! Et la journée d'après ! Et celle d'après ! Et celle d'a...
Florent eut un léger gloussement, tandis que je plaquais ma main sur la bouche de Marie, et que je lui jetais un regard assassin, regard qui n'échappa pas à un Florent hilare.
- Bon, je vais arrêter de vous faire rougir pour aujourd'hui. Aurai-je le plaisir de vous voir au spectacle ?
Tout en lui montrant les places, je dis d'une voix tremblante :
- Je serai la première à vous applaudir.
Il eut un sourire en coin avant de se diriger vers la porte en lançant :
- Tutoie-moi, je ne suis pas si vieux que ça !
La porte se referma, et le silence revint. Marie et moi contemplâmes un instant la porte, ne pouvant pas croire à ce qui venait de nous arriver. Puis, d'un même mouvement, nous nous retournâmes l'une vers l'autre, si vite que nos crânes s'entrechoquèrent.
Mon éclat de rire s'arrêta net quand je réalisai :
- Attends, Solal a dit que le spectacle commençait dans 20 minutes ? !
Marie me rendit mon regard angoissé avant de demander :
- On court ?
- On court.
Nous nous élançâmes aussi vite que nous le pûmes. Ma mère nous attendait devant les portes presque désertes, l'air fâchée.
- Où étiez vous ? Je croyais que cette journée était importante pour vous ! Vite, vous allez les rater !
- Oh non ça, on n'va pas les rater, dis-je avec un sourire mi-figue mi-raisin.
Nous racontâmes à ma mère notre merveilleuse rencontre tout en passant les portes. Ma pauvre mère ne savait plus où donner de la tête entre Marie et moi qui parlions en même temps en tirant sur ses bras. Mais elle était heureuse pour nous, ça se voyait à son regard attendri.

En entrant dans la salle de spectacle, nous ne pûmes retenir un « Oh » d'admiration. La salle était immense ! Et, par bonheur, nous étions près de la scène. Nous nous installâmes alors que les lumières se tamisaient.
Le spectacle commença sans préambule, excellence parmi l'excellence.
C'était grandiose. Chaque scène rivalisait en décors et en musique, en couleurs, en chant. En artistes.
Marie et moi étions bouche bée, contemplant la scène d'un air rêveur.
L'entracte vint, nous laissant le temps de souffler. Je vis Marie essuyer les quelques larmes qui avaient coulé lors de « je dors sur des roses ».
Quand Florent Mothe fît son entrée, impassible Salieri dans son vêtement de soie noire, mon c½ur s'emballa, et je repensai à notre entrevue de tout à l'heure. Pourquoi avait-il autant insisté ? M'avait-il vraiment déjà vue ? Il avait eu une façon de me scruter si étrange comme s'il me connaissait mieux que personne.
Ses yeux noisette avaient sondé le fond de mon âme comme personne ne l'avait jamais fait. Il a su voir ces secrets, ces douleurs, ces noirceurs enfouies que j'ai mis dans de mal à cacher. Il m'avait mise à nu, avec autant de facilité que s'il chantait.
Vint la scène de Salieri et Rosenberg, seule scène que Marie et moi nous étions autorisées à regarder.
Nous étions écroulées de rire sur nos sièges quand, au beau milieu d'une de ses tirades, Florent s'écria :
- Ca y est ! Je sais où je l'ai vue !
Il y eut quelques secondes de flottement, puis Yamin Dib - qui jouait le rôle de Rosenberg - enchaîna en professionnel :
- Qui, qui avez vous vu, mon bon Salieri ?
Florent eut un sourire complice avec son coéquipier, car tous deux étaient friands d'improvisations de ce genre, et s'écria :
- Oh Rosenberg, si vous saviez ! J'ai vu la musique divine de Mozart dans le corps d'une jeune et frêle jeune fille. J'ai vu ma Muse, Rosenberg.
- Votre Muse ? Mais où ça, Salieri, où ça ?
Florent darda son regard sur la salle et, comme mué par une force quelconque, se riva sur moi, perdue au milieu de centaines de têtes dans l'obscurité.
- Dans mes rêves, murmura-t-il d'un air rêveur.
Il sortit de scène, et le spectacle reprit son court.
Marie me dévisagea avec effarement. Que venait-t-il de sa passer ? Nous savions toutes les deux que ce passage n'était pas dans la scène, et savions à quoi il faisait référence. Mais à quoi cela rimait-t-il ?
La fin du spectacle passa trop vite, et, à « Debout les fous », une foule se pressa devant la scène, dont nous faisions partie.
Marie et moi séchions nos larmes datant de « vivre à en crever » quand Florent entra en scène avec sa guitare, haranguant la foule.
Tandis que tous chantaient « L'assasymphonie » en acoustique en saluant, Mikele nous fit un discret clin d'½il en passant près de nous.
Le regard de Florent, grattant les cordes en nylon de sa guitare avec une grâce surnaturelle, scrutait la foule, ses yeux cherchant quelque chose, quelqu'un.
Enfin, il trouva ce qu'il cherchait. Il arrêta de chanter, ce qui, heureusement, ne s'entendit pas, et articula, son regard rivé dans le mien : « Rendez-vous aux dédicaces ! »
Je lui fis signe que j'avais compris, et il repartit vers l'autre coté de la scène avec un sourire enchanteur.
Trois minutes plus tard, nous étions devant les barrières qui avaient été installées pour la dédicace.
L'arrivée de Mikelangelo fut saluée par des cris hystériques, quelque part derrière nous. Il nous vit, courut vers nous, et s'écroula contre la barrière en un semi-dérapage, pas du tout contrôlé.
En riant, il nous plaqua deux baisers sur chaque joue avant d'aller signer des autographes.
La Troupe se succéda ainsi, Merwan et Solal nous saluant par des clins d'½ils.
Mais Florent ne venait pas.
Je ne cessais de scruter le couloir, espérant apercevoir sa silhouette, mais personne ne vint.
Quand l'homme de la sécurité placé près de nous dit dans son talkie wolkie : « Ok plus personne ne viendra, je préviens les fans », je perdis espoir.
La foule commença à refluer, et nous avec. Nous nous trouvions au milieu de la bande de groupies (ouais tout un bataillon !) quand des cris hystériques nous fîmes nous retourner.
Florent arrivait an courant vers les barrières, nous cherchant des yeux. Enfin, il me vit et cria « Laura, attends ! »
Je voulus le rejoindre mais les groupies, ayant remarqué ce c'est moi que Florent appelait, me barrèrent le passage. Heureusement, j'aperçus Marie qui se frayait un chemin vers lui.
Il lui souffla quelque chose dans l'oreille avant de la remercier en l'embrasser sur la joue, et de me faire un sourire désolé en montrant les groupies.
Je lui fis un petit signe de la main auquel il répondit, ce qui signa mon arrêt de mort.
Je me sentis attrapée et propulsée très vite en direction du mur. Seuls mes réflexes sauvèrent mon nez de la fracture. Je dus longer le mur pour me retrouver à l'air libre. A quelques mètres de moi, la bande de groupies me lançait des regards belliqueux.
Je ne pus revoir Florent, à mon grand regret.
Marie revint vers moi, un air coupable sur le visage.
Tout en regagnant la voiture avec ma mère, elle me dit simplement :
- Il faut qu'on parle.


__________________________________________________________________

Un long, très long chapitre, je dois l'avouer.
Mais j'étais inspirée ;D et je le suis toujours !
De quoi Marie veut-elle parler ? Que lui a dit Florent à l'oreille ? Vos impression !
15 commentaires pour la suite ?
​ 11 | 47
Commenter

Plus d'informationsN'oublie pas que les propos injurieux, racistes, etc. sont interdits par les conditions générales d'utilisation de Skyrock et que tu peux être identifié par ton adresse internet (38.107.179.234) si quelqu'un porte plainte.

Tu n'es pas identifié. Clique ici pour te connecter à ton compte

#Posté le vendredi 02 avril 2010 15:00

Modifié le lundi 27 juin 2011 00:22

Chapitre 3

<< Quand la lassitude se mêle à nos habitudes,
la vie perd de son attrait.
Même les petites joies quotidiennes
se figent dans un étrange immobilisme
qu'un léger voile blanchâtre recouvre,
un peu comme une fine couche de cendre,
ce qui reste du brasier qui a consumé la joie de vivre. >>
Antoine de Saint-Exupéry

Christina Aguilera - Hurt

__________________________________________________________________

Durant tout le trajet, Marie ne voulut pas me dire un mot de ce qu'avait pu lui glisser Florent à l'oreille. La seule chose que je récoltais quand je lui posais la question était « plus tard. »
Marie dormait chez moi et, une fois mises en pyjama, assises en tailleur sur mon lit, je la saisi par les épaules et lui dis, les yeux dans les yeux.
- Allez à table ma vieille, y'a du Salieri au menu.
Marie éclata de rire, mais s'arrêta vite en voyant mon air sérieux.
- Bon d'accord, dit-elle en s'éclaircissant la voix. Mais avant que je te parle, jure-moi de ne pas t'énerver, ok ?
- Mais pourquoi je m'énerverais ?
- Jure, c'est tout.
- D'accord, je jure.
- Bon, marmonna-t-elle en lissant les plis du drap. Tu te souviens l'année dernière, à la fête de la musique ?
Bien sur que je m'en souvenais ! Pour l'occasion j'avais interprété l'assasymphonie sur une scène. Je chantais depuis que j'étais petite et, sans avoir pris un seul cours, j'étais dotée d'une voix juste et mélodieuse. Chanter seule sur scène, sous le feu des projecteurs de toutes les couleurs, devant une foule qui frappait des mains, m'avait grisée au plus haut point. Marie m'avait même filmée, une vidéo qui rendait très bien, d'ailleurs.
- Oui je m'en souviens, pourquoi ?
- Disons que, je ne sais pas, par une fausse manipulation peut être elle a...atterri sur You tube.
Sur le coup, ma mâchoire se décrocha. J'avais fait jurer à Marie de ne pas diffuser cette vidéo. Mais elle l'avait fait. J'aurais dû m'en douter, telle qu'elle est.
- Tu as...commençai-je d'une voix dure.
- Attends ! Me coupa-t-elle. J'arrive aux paroles de Florent. Il a vu ta vidéo. C'est ce qu'il m'a dit.
- Hein ? ! Hurlai-je en sautant sur mes pieds. (allez vous mettre debout sur un matelas tout mou, et admirez le résultat...)
- Il m'a dit « Dis à Laura que je l'ai vue chanter l'assasymphonie. Dis-lui, dis-lui bien. »
- Mais...pourquoi ?
- J'en sais rien. Il a peut être aimé ?
- Oui, ou il veut m'engueuler à cause des droits d'auteur, marmonnai-je d'une petite voix. C'est sa chanson, j'ai pas le droit de lui voler !
- Mais tu ne lui as rien volé du tout ! S'exclama mon amie en me faisant rasseoir. C'est pas comme si tu étais passée à la télé ou un truc comme ça ! On habite dans un petit patelin tu sais ! T'as pas chanté devant le tout Panam !
- T'as raison. Mais alors, pourquoi ?
- J'en sais rien.

Le retour en cours fut difficile. Très difficile.
Florent ne voulait pas me sortir de la tête. Toute la journée, je tournai et retournai la scène dans ma tête, essayant de comprendre ce qu'il avait voulu me dire.
D'accord, il avait pu me voir chanter l'assasymphonie. Mais après ? Qu'avait-t-il voulu me dire ? Il n'aurait pas pu faire tout ce cinéma pour me féliciter pour ma voix juste. Il y avait autre chose.
Mon regard se perdit au-delà de la fenêtre. De ma salle de maths, on pouvait voir les arbres magnifiques qui bordaient l'allée du collège. Des arbres majestueux, presque centenaires.
Leurs branches mises à nu par le froid de l'hiver me ramena à ma propre solitude, mes propres faiblesses.
J'avais tout pour être heureuse. Absolument tout. Mais, j'ignorais pourquoi, j'avais mal. Une douleur lancinante nichée au creux de mon être.
Elle me prenait au dépourvu, quand je me trouvais seule. Elle arrivait comme un raz de marée, et engloutissait tout. L'amitié, la joie, l'amour.
Elle me laissait prostrée sur mon lit en position f½tale, exténuée par mes larmes qui n'avaient aucun sens.
Je m'efforçais de cacher cette faiblesse aux autres. Marie m'avait déjà vu dans cet état, il y a quelques mois, mais je mettais un point d'honneur depuis à ne rien laisser paraître.
Pourtant, avec un regard, Florent avait su voir tout ça. Il m'avait regardé, le premier regard qu'il avait posé sur moi, et m'avait transpercée. Il avait lu mes douleurs, mes peines cachées que même ma meilleure amie ne savait pas voir.
Je scrutais le trottoir, m'imaginant quelqu'un en train de m'attendre, appuyé contre le muret. Quelqu'un vers qui je courrais pour me jeter dans ses bras. Je m'imaginais une silhouette vêtue de noir, avec une capuche, discret, se mêlant au paysage, mais là pour moi.
A la pause, je m'isolai au fond de la cour, m'assis sur un banc, sortit mon I pod et mon carnet, et, en écoutant « Mrs Mary » en boucle, ses paroles gommant ma peine, j'écrivai les paroles d'une chanson.

« Je suis,
Je suis le sel sur tes brûlures,
Les plaies que tu sutures.
Je suis là,
Chaque jour, près de toi.
Tu me sens, tu ne me vois pas.
Pourtant je suis là.


Tes insomnies, ta mélomanie,
Tout en moi est écrit.
Je t'aime, tu me hais.
Tu hais la douleur que je t'apporte.
Alors pour m'échapper tu sombres,
Dans la haine, dans le blasphème.

Je te tiens,
Dans mes mains froides.
Je t'étreins,
Mon souffle te balaye.
Tu peins,
Un avenir sans haine,
Mais je suis là.
Toujours je suis là.

Tes envies de meurtre, ta mélomanie,
Tout en moi est écrit.
Je t'aime, tu me hais.
Tu hais la douleur que je t'apporte.
Alors pour m'échapper tu sombres,
Dans la haine, dans le blasphème. »


La sonnerie signalant la fin de la pause m'empêcha d'achever mes écrits.
Je retournai en cours et, à nouveau, fixai la fenêtre, me dessinant des rêves sur le trottoir.

Toute ma semaine s'écoula ainsi, monotone et laconique. Peu à peu, je perdis espoir de trouver une explication au comportement de mon idole.
Je regardais souvent par la fenêtre, espérant voir quelqu'un, quelque chose à quoi me raccrocher, mais la rencontre avec la Troupe et avec Florent m'avait vu ressortir fatiguée, lassée, différente. Je ne trouvais plus aucun but.
Comme chaque soir, je sortis du collège en allumant mon I pod. Les notes de
« Je dors sur des roses » me firent oublier quelque peu ma journée et celle de demain, et de demain, et de demain. Journées toujours identiques.


Alors que je remontais l'allée, quelque chose à la limite de ma vision attira mon attention.
A l'endroit que je fixais pendant mes heures de cours, il y avait quelqu'un. Quelqu'un vêtu d'un jean noir, d'un pull et d'un boulon de cuir assortis. Une capuche masquait son visage. Il se confondait presque avec le décor.
Mais il était là pour moi. Enfin, peut être.
L'air me manqua quand il se mit en mouvement. Il marcha lentement vers moi, comme au ralenti.
Toutes ces journées à attendre, à espérer me revinrent en mémoire.
C'est pourquoi je m'arrêtai et fixai l'inconnu qui marchait vers moi, mes écouteurs pendant lamentablement à mes côtés. Ca pouvait être un violeur, un tueur, c'était d'ailleurs probable, mais je n'y pris pas garde.
Je le regardais approcher.
Ce n'est qu'au dernier moment, quand il enleva sa capuche, que je le reconnus.
Mon c½ur s'emballa, mes pensées s'affolèrent.
- Bonjour, Laura, me dit Florent.


__________________________________________________________________

Tadaaaam ♫ Alors alors ? Surprise !
Un chapitre de nouveau un peu court mais je vous promet que le prochain sera plus long ! Parole de scout ! x)
Voilà notre gentil Flow qui se ramène à la sortie du collège ?
Pourquoi ? Que veut-il ?
Que pensez vous de la chanson de Laura ? Vos impressions !
20 commentaires pour la suite ?
​ 11 | 48
Commenter

Plus d'informationsN'oublie pas que les propos injurieux, racistes, etc. sont interdits par les conditions générales d'utilisation de Skyrock et que tu peux être identifié par ton adresse internet (38.107.179.234) si quelqu'un porte plainte.

Tu n'es pas identifié. Clique ici pour te connecter à ton compte

#Posté le samedi 03 avril 2010 10:28

Modifié le lundi 27 juin 2011 00:22

Chapitre 4

<< Il y a une marée dans les affaires des hommes,
prise dans son flux elle porte au succès.
Mais si l'on manque sa chance,
le grand voyage de la vie s'échoue
misérablement sur le sable.
Or aujourd'hui nous sommes à marée haute.
Prenons le flot tant qu'il est favorable
ou tout ce que l'on a risqué sera perdu. >>

William Shakespeare

Christophe Maé - Donald dans les docks

__________________________________________________________________



Je le fixais, incapable du moindre mouvement, du moindre geste.
Il me regarda pendant quelques secondes, puis remit sa capuche en regardant autour de lui.
- Hem, je doute que tu sois la seule à connaître Mozart dans ton collège, et il y a beaucoup de monde...Marchons.
Il m'entraîna à sa suite. J'étais toujours incapable de réagir. Seules mes jambes se mouvaient pour le suivre dans le dédale des rues. Mes bras serraient mon sac contre ma poitrine, et je gardais mon regard rivé sur lui.
Il marchait la tête haute, un air paisible sur le visage.
Il m'entraîna dans le parc qui se situait à deux maisons de chez moi, et s'assit sur un banc, devant la mare aux canards.
Je m'assis à côté de lui, et un silence feutré s'installa. Florent regardait le ballet des canards sur l'eau, et je regardais Florent.
Quand il plongea ses yeux dans les miens, il lut à nouveau mes faiblesses avec l'aisance d'un nouveau né.
Il me scruta quelques secondes, puis soupira.
- Enfin, je t'ai trouvée.
Mon cerveau sembla se reconnecter. D'une voix enrouée, je murmurai :
- Trouvée ?
- Oui. Je t'ai longtemps cherchée, tu sais.
Je ne comprenais pas, et il semblait s'amuser de me voir peiner. Peut être était-il vraiment sadique. ( Haha, n'est ce pas ! :3 )
- Je te dois des explications quant à mon comportement de l'autre jour. Je t'ai vue chanter ma chanson sur Internet et...
- Oui je sais, le coupai-je à toute vitesse. Je suis désolée ! Je ne voulais pas vous voler votre chanson ! Je n'ai même pas pensé aux droits d'auteurs ! C'est que je l'aime tellement que...
- J'ai adoré.
Mes yeux se transformèrent en deux soucoupes volantes, ce qui lui arracha un sourire.
- Adoré ? !
- Oui. J'ai littéralement flashé sur toi. Tu véhicules tant de sentiments quand tu chante, tu hypnotises. Tu as une force phénoménale. Même quand tu ne chantes pas, d'ailleurs. Tu as une présence. Une incroyable présence. Tu es incroyable. Je crois que je suis fan de toi.
- Ah ah attendez, dis-je en ricanant. Vous inversez les rôles là ! C'est moi qui suis fan de vous !
- Non, c'est moi, me répondit-il avec un clin d'½il.
- Non, moi.
- Non, moi.
Nous continuâmes ce jeu ainsi pendant une minute, riant aux éclats. Florent se reprit et me dévisagea.
- J'ai quelque chose à te proposer. On devrait en discuter au calme chez toi, qu'en penses tu ?
- D'accord, dis-je. Je vais vous montrer.
Alors que nous sortions du parc, il me frappa l'arrière du crâne avec sa paume.
- Tutoie-moi ! Je te l'ai déjà dit.
- D'accord si vous...si tu veux, dis-je en grimaçant.
Il éclata de rire alors que nous arrivions chez moi.

Alors que j'ouvrais la porte, un rire hystérique et aigu me parvint.
Un rire que je connaissais bien.
A nouveau, mes yeux se muèrent en soucoupes. Mikelangelo Loconte était attablé devant une tasse de café, en face de ma mère, et tous deux riaient aux éclats.
- Laura ! S'écria l'italien en se précipitant vers moi.
Il me serra dans ses bras à m'étouffer, puis plaqua deux baisers sur mes joues.
- Je suis trop content de te revoir ! Ta mère fait un café délicieux !
Je fixai tour à tour Mikelangelo, puis Florent, puis ma mère.
- Euh...il se passe quoi là ?
- Asseyons-nous, dit Florent.
- Ils ont débarqué de la gare tout à l'heure, expliqua ma mère. L'impassible Florent et Mikelangelo, qui faisait des bonds partout.
- Je voulais voir ta tête quand tu nous verrais, mais Flow ne m'a pas laissé venir te chercher au collège, dit Mikelangelo avec une moue boudeuse.
- Tu nous aurais grillé, s'exclama Florent. Tu aurais couru vers elle en criant, et tout le monde nous aurait reconnu. Tu es trop instable, Mikey.
- Mikey toi-même, grogna ce dernier, le nez dans sa tasse de café.
- Enfin bref, nous avons à parler, dit Florent avec sérieux. Madame, vous savez pourquoi on est là ?
- Mikelangelo m'a expliqué à peu près, dit-elle.
- Mais on m'a rien expliqué à moi ! Criai-je.
- J'y viens. J'ai quelque chose à proposer. La voix de Laura est unique, elle l'est tout entière. Il y a un rôle qui doit être rajouté dans Mozart. Un personnage censé représenter la conscience de Salieri, comme le clown blanc est celle de Mozart. On recherche...une jeune fille pour le rôle. Et c'est toi que je veux pour le rôle. Toi et personne d'autre. Qu'en penses tu ?
- En gros, tu veux faire partie de la Troupe ? S'exclama Mikelangelo avec un grand sourire.
Le temps se figea, les sons s'atténuèrent. Je regardai Florent et Mikelangelo fixement, n'étant pas sûre de ce que je venais d'entendre.
- C'est...une blague ?
- Non. Il y a une audition dans deux jours, au Palais des Sports. Pour le rôle.
- Et vous voulez que...je n'y arriverai jamais ! Je ne chante pas assez bien ! Et puis, je ne peux pas partir comme ça !
Je dévisageai ma mère, qui me regardait avec confiance.
- Tu sais très bien que tu en es capable, Laura. Tu as ta chance, saisis-la. Tu peux partir dès ce soir en train avec Florent et Mikelangelo. Ils auront ta responsabilité. Ils s'occuperont de toi, le temps l'audition. Je sais que tu en es capable. Alors fais-le. Enfin, si tu veux...
Si je voulais ? Si je voulais ? ! Je sautai au cou de ma mère en pleurant de joie. Mikelangelo et Florent me regardèrent, attendris.
Quand enfin je fus calmée, Florent me fit un clin d'½il.
- Allez, va faire ta valise.
Je me précipitai dans les escaliers.
D'abord, appeler Marie.
Au début, elle n'en crut pas un mot. Mikelangelo m'arracha le combiné des mains et le mit en haut-parleur, non sans mal.
- Comment ça marche ce truc français là ? Oh làlà ! Ah, voilà. Allô, Mariiiiia ? C'est la fête à Mikey ! Comment va ma groupie préférée ?
- J'suis pas une groupie, chéri ! Hurla-t-elle. Repasse-moi ma star de meilleure amie ou je te jette en pâture aux groupies !
- Oui madaaame !
Mikelangelo envoya plusieurs baisers au combiné avant de me le rendre et de sortir.
Je m'assis sur mon lit.
- Allô ? Tu y crois maintenant ?
- Oh j'arrive pas à y croire...
- Tu veux que je rappelle Mikele ?
- Nan nan c'est bon j'te crois mais, wah. Toi, dans la Troupe...
- Attends j'y suis pas ! M'exclamai-je. Je vais passer une audition.
- Mais Florent t'a bien dit qu'il te voulait toi et toi seule pour le rôle ! C'est gagné !
- Non, rien n'est gagné. J'ai une journée pour me préparer.
- Je ne te retarde pas plus longtemps alors. Appelle-moi de Paris !
- J'y manquerai pas. Bisous !
- Bisous...Laura ?
- Oui ?
- Je t'aime.
Je murmurai un « moi aussi » étranglé avant de raccrocher, et de fixer avec consternation le sac de voyage ouvert sur mon lit. Tout cela allait tellement vite ! J'avais raison. Florent était là pour moi, et il allait faire changer les choses.
Panser mes plaies.
Je jetai en vrac plusieurs vêtements, un nécessaire de toilettes, quelques souvenirs, des photos, des livres, et fermai le tout.
Je descendis au rez de chaussée en tirant mon paquetage derrière moi. Florent, Mikelangelo et mes parents discutaient installés dans les fauteuils du salon.
Quand il me vit, le regard de Florent sembla s'allumer. Il me fit un grand sourire en désignant mon sac.
- Prête ?
- Je crois, marmonnai-je.
Les au revoirs furent brefs, ne voulant pas m'éterniser en embrassades car, si je me lovais trop dans les bras de ma mère, je ne voudrais plus les quitter pour l'inconnu, pour Paris.
Alors que nous étions sur le pas de la porte, je m'écriai :
- Attendez ! J'ai oublié quelque chose.
Je remontai en courant les escaliers, débouchai dans ma chambre, et saisis religieusement mon radio réveil.
- C'est avec toi que tout a commencé, stupide réveil, lui dis-je en le serrant contre moi.
Tout le monde éclata de rire en me voyant revenir avec mon réveil dans les bras.
- Il a une valeur sentimentale, marmonnai-je avant de le fourrer dans mon sac.
Un dernier au revoir à mes parents et à mon frère, et nous étions partis. L'image devait être belle. Une jeune fille sautillant et faisant voltiger son énorme sac de voyage, entourée par deux hommes à l'allure identique, mains dans les poches, me regardant avec amusement. Ma vie prenait ce tournant que toute ma vie j'avais attendu, je le savais. Et cela me comblait de joie.
Nous disparûmes dans le couchant.

Une fois les places de train prises, nous nous assîmes dans la gare, nous demandant ce que nous allions faire. Le train partait à 20h30, il était 19h.
- On va manger ? Proposa Mikelangelo. J'ai faim moi !
- T'as toujours faim, rigola Florent.
- Toi aussi t'as toujours faim !
- Moins que toi !
- Non !
- Si !
- Bon vous savez quoi ? Les coupai-je en me levant. Moi aussi j'ai faim, alors on va manger ?
- On te suit princesse, s'exclama Mikelangelo en attrapant mon sac.
Nous nous installâmes à la cafétéria de la gare, commandâmes des sandwichs et bavassâmes gentiment.
- Au fait, me dit Florent. Demain, nous travaillerons toute la journée dans la salle de musique du Palais des Sports. Mais ne t'inquiète pas, je ne doute pas que tu ne sois pas prête pour après demain.
- Tu vas tout déchirer !
- Euh, si vous le dites...
- Mais oui, ne t'inquiète pas. Donc en arrivant à Paris, nous irons dormir à l'appart, mais nous sommes déjà quatre colocataires.
- Oh, m'exclamai-je. J'espère qu'ils sont sympas !
- Quelque chose me dit que tu devrais bien t'entendre avec eux.
- Ah oui ? Fis-je, intéressée.
- Oui. L'un d'eux porte le nom de ...comment déjà ? Ah oui, Solal, et l'autre se nomme Merwan.
- Geniaaaal ! Criai-je.
Tout le restaurant se retourna vers notre table, et je me rassis, rouge de honte.
- Hey Mikey elle te ressemble ! S'exclama Florent. Toujours à se faire remarquer...
- Maiiis c'est pas vraieuh ! Je me fais jamais remarquer !
Les garçons cessèrent leur chamaillerie quand deux filles arrivèrent vers nous, les joues rouges.
- Euh bonjour, commença l'une d'elle en tendant un carnet et un stylo. Vous voulez bien...
- Bien sur s'exclamèrent Florent et Mikele d'une même voix.
Pendant qu'ils signaient des autographes et prenaient des photos, mon regard se perdit dans le vide.
Je ne comprenais rien à ce qui m'arrivait. Tout était tellement...rapide. Mais tout pouvait aussi bien se finir très vite...avec l'audition.
- Laura ? Ouh ouh ! Tu dors ?
- Oh non non, répondis-je. Ou est Mikelangelo ?
- Aux toilettes. Il nous rejoindra dans le train. Viens.
Le train entrait en gare lorsque nous arrivâmes sur le quai. Nous nous installâmes rapidement côte à côte au fond, près d'une fenêtre.
Florent et moi discutâmes quelques minutes de tout et de rien. L'avoir si près de moi me donnait le vertige. Si longtemps j'avais rêvé pouvoir adresser seulement la parole à mon mentor, voilà que j'étais assise à ses côtés en direction de Paris et d'une audition pour rejoindre la Troupe.
Mikelangelo revint peu de temps après et s'assit en face de nous. Il sortit son téléphone et se mit à parler en Italien à toute vitesse.
Je mis mes écouteurs d'I pod, et laissai mon regard divaguer tandis que le train s'ébranlait, et avec lui mes certitudes.
Tout ce que je me savais acquis était désormais remis en question. On venait enfin m'arracher à ma léthargie. J'en aurais sauté de joie.
- I don't care, i'm superman, I don't believe in yesterday, chantonnai-je sans y prendre gare.
- Pardon ? S'exclama Florent.
- Oh euh eh bien...j'écoute Mrs Mary.
- Comment tu l'as eu ?
- Je l'ai enregistré par mémo vocal, c'est mieux que rien.
- Oui, eh bien moi, j'ai mieux que mieux que rien.
Il ferma les yeux et, doucement, me chanta sa chanson à capella. Il baissa la tête, et les mèches coincées derrière ses oreilles tombèrent sur ses yeux. Il était magnifique.
A la fin de la chanson, je ne pus m'arrêter de le dévisager. Il s'amusa de me voir ainsi.
- Quoi ? J'ai chanté faux ?
- Faux ? Tu rigoles ! C'était magnifique...
- Merci, dit il en m'embrassant sur la joue.
- Des bisous ! Des bisous ! Clama Mikele.
Florent et moi nous consultâmes du regard, puis nous jetèrent sur un Mikelangelo hilare. Je finis les fesses sur les genoux de Mikele, les jambes sur ceux de Florent.
Je reposai ma tête contre l'épaule de Mikelangelo, et le voyage s'écoula ainsi, dans la paix et la joie. Une joie que je n'aurais jamais pensé ressentir à nouveau.

Lorsque je posai le pied sur le sol de la gare de Paris, je compris l'énormité de la chose.
Tout était tellement plus grand ! Tellement plus imposant ! La gare grouillait d'une masse de monde inimaginable.
Mes deux amis à mes côtés me sourirent pour me rassurer, puis nous nous engageâmes dans la foule.
« L'appart' » comme l'appelaient Florent et Mikelangelo, était situé dans un immeuble datant des années trente, à quelques minutes du Palais des Sports.
Il occupait tout le dernier étage de l'immeuble.
En entrant dans l'appartement, une odeur de brûlé m'assaillit.
Je ne pus me retenir de rire quand je vis Merwan et Solal accourir de la cuisine, tablier et cuillère à la main.
- Oh, vous êtes là ! Salut Laura ! Euh, Mikey ? On a voulu faire cuire des pâtes comme toi mais...
- Ah ! Mes pâtes !
Le reste de ses propos furent des jurons italiens alors qu'il se précipitait vers la cuisine, suivi de Merwan et de Solal.
- Viens, dit Florent en souriant. Je te fais visiter.
Les pièces étaient immenses ! Tout était meublé avec goût et harmonie.
Bref, j'adorais.
Au bout du couloir, il y avait une chambre plus petite que les autres, avec des murs faisant partie du toit, et un balcon.
- Voilà, me dit mon nouvel ami en tenant la porte.
- Voilà quoi ?
- C'est ta chambre.
- Hein ? ! C'est une blague !
- Non. Ou veux tu dormir sinon ?
- Sur le canapé ?
- Quand tu feras partie de la Troupe ? Sûrement pas !
- Je ne ferai peut être pas partie de la troupe, marmonnai-je en baissant la tête.
Florent releva doucement ma tête.
- Moi j'y crois. Je crois en toi.
Puis il sortit pour me laisser m'installer.
Je fis un rapide tour de la chambre, de plus en plus conquise. Elle était tellement belle ! Tout à fait à mon image. Petite, accueillante et chaleureuse.
« Et avec un accès direct aux étoiles », me dis-je en regardant le balcon.
Je sortis toutes mes affaires et les rangeai dans l'armoire, plus par souci de me vider la tête de l'idée de refaire ma valise demain que de tout ranger.
Je disposai mes babioles sur le bureau, accrochai mes photos au mur au-dessus de celui ci, et sortis mon radio réveil.
Je m'assis au bureau, posai mes bras en croix sur le bois, ma tête posée dessus, et contemplai l'objet.
Jamais je ne m'en séparerais ! Je me le jurai.
Enfin, je sortis de ma chambre.
Dans le salon avait été dressée une table sommaire devant la télé.
Je me tins à l'entrée de la cuisine pour contempler un spectacle dont toute ma vie je me souviendrais.
Mikelangelo tentait avec des propos et des gestes énergiques de donner un cours sur la cuisson des pâtes à Merwan et Solal, tous deux couverts de farine. Ces derniers ne comprenaient rien, et se contentaient de le fixer avec des yeux globuleux. Florent les regardait en souriant, assis sur un plan de travail.
Enfin, ils me remarquèrent.
- Laura ! Bienvenue parmi nous ! S'écria Merwan.
Lui et Solal se précipitèrent vers moi en me serrèrent dans leurs bras.
- Je suis couverte de farine, grognai-je en souriant.
Les deux hommes se regardèrent, saisirent chacun un énorme sac de farine et...me les vidèrent totalement sur la tête.
- Maintenant, tu l'es ! S'exclama Solal.
Des éclats de rire monumentaux me parvinrent, tandis que ma bouche était ouverte en un hurlement muet de consternation.
- Bande de...Criai-je.
Des yeux, je me cherchai une arme. Là ! Un tube de ketchup.
Je m'en saisis et les arrosai tous les quatre.
Il s'effondrèrent au sol, baignant dans leur...ketchup. (Bah ouais quoi !)
Commença une bataille digne d'entrer dans les annales. Mikelangelo et moi contre Florent, Merwan et Solal.
Quinze bonnes minutes plus tard, la cuisine était totalement redécorée, et nous avec.
- Qui prend sa douche en premier ? S'enquit Solal.
- Les dames d'abord, fit Merwan en s'inclinant
- Vous êtes trop aimables mon cher, dis-je en passant devant lui.
La salle de bain était petite, mais très bien aménagée.
Pendant que l'eau chaude me lavait de la farine et de toutes les autres choses que nous nous étions balancées, je laissai mon esprit vagabonder.
Si je gagnais, ma vie allait changer. J'allais faire partie de la Troupe. Rien qu'à cette idée, j'en avais des vertiges.
Mais si je ne gagnais pas, je retournerais à ma petite vie, à scruter la fenêtre.
Tout, sauf ça. Je ne le permettrais pas.
Je me séchai rapidement pour libérer la salle de bain, et allai m'asseoir dans le salon.
En passant devant la cuisine, je lâchai un hoquet de stupeur. Elle était impeccable ! Il n'y avait plus aucune trace de notre bataille de nourriture.
- Florent et Merwan sont bons en ménage, répondit Mikele à ma question silencieuse.
- Bon, à moi la salle de bain ! Brailla Merwan.
- Moi d'abord ! Cria Florent.
Ils se consultèrent du regard un instant, puis Merwan déclara ne minaudant :
- La douche est assez grande pour deux...
- Et tu pourras me laver derrière les oreilles...
Les deux amis se donnèrent des bourrades amicales dans le dos avant de s'élancer vers la salle de bain.
- Mikele, tu me laveras derrière les oreilles ? Demanda Solal.
- Avec un karsher alors !
Vexé, Solal fit mine de bouder.
- Si t'était pas aussi sale, je t'aurais fait un câlin, fis-je remarquer.
- C'est l'intention qui compte, princesse, me répondit-il avec un clin d'½il.
Trente minutes plus tard, Mikele (récuré et séché) posait sur la table un plat fumant de pâtes à la bolognaise.
- On re-mange ? Demandai-je.
- Oui, j'ai faim ! S'exclamèrent les quatre en ch½ur.
Le repas se passa dans la bonne humeur générale, et nous dûmes réprimer l'envie de redécorer le salon avec de la bolognaise.

Après avoir pris congé de tout le monde, je partis dans ma chambre.
Je m'accoudai au balcon, et fus abasourdie par la vue.
Paris se découpait sous moi, brillant de mille feux. Et au loin, très loin, la tour Effel brillait dans sa robe de lumière.
J'ignore combien de temps je restai à contempler la nuit.
Je sentis une présence derrière moi, et Florent s'accouda à mes côtés.
- Tu aimes ? Je vais souvent ici pour...admirer la vue.
- Ce n'est pas parce que c'est ma chambre d'emprunt que tu ne peux plus venir, le rassurai-je.
Florent repartit et revint quelques minutes plus tard avec des couvertures et deux tasses de chocolat chaud.
Nous nous assîmes sur les dalles froides du balcon, enroulés dans nos couvertures, et, tout en admirant la vue, parlâmes.
Durant des heures, nous nous racontâmes nos vies, notre passé, notre présent, notre futur.
- Quand je n'ai pas pu te rejoindre, à Rouen, j'ai cru voir tous mes rêves s'envoler.
- Arrête ! Tu es l'un des personnages principaux de Mozart l'Opéra Rock, tes rêves ne peuvent pas s'envoler.
- Si. J'ignore pourquoi mais je savais que, si je ne te retrouvais pas, Mozart n'aurait plus aucun sens.
- Mais, tu ne me connais pas...
- Mais j'ai l'impression de toujours t'avoir connue. Pas toi ?
- Si. Si j'ai cette sensation à chaque fois que je te regarde. Mais au fait, pourquoi tu es arrivé aussi tard à la dédicace ?
- Je me suis fait passer un savon par Dove. A cause de mon dérapage sur scène.
- Ah oui. Pas mal le coup de la Muse, ça a bien rattrapé le coup. Tu as de l'imagination.
- Je le pense, Laura.
- Tu penses quoi ?
- Que tu es ma Muse.
Il m'embrassa sur le front et sortit sans un mot, me laissant pantoise. Je scrutais le ciel parisien pour trouver des réponses qui ne vinrent pas. Je restais interdite à retourner cette phrase dans ma tête.
Finalement, je m'endormis.
Je ne vis pas Florent revenir, me prendre dans ses bras pour me coucher dans mon grand lit. Il remonta la couverture sur moi, embrassa mon front, et sortit sans bruits.

__________________________________________________________________

Voilà ! Alors ?
Chapitre un peu bizarre je dois avouer. Vous en pensez quoi ? Vos impressions !
Pourquoi Florent a-t-il ce comportement ? Ces certitudes ?
A vos commentaires !
Merci à ma collaboratrice d'amour pour la chanson. Je t'aime <3
25 commentaires pour la suite ?
​ 11 | 60
Commenter

Plus d'informationsN'oublie pas que les propos injurieux, racistes, etc. sont interdits par les conditions générales d'utilisation de Skyrock et que tu peux être identifié par ton adresse internet (38.107.179.234) si quelqu'un porte plainte.

Tu n'es pas identifié. Clique ici pour te connecter à ton compte

#Posté le dimanche 04 avril 2010 05:24

Modifié le lundi 27 juin 2011 00:22

Publicité
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • Suivant

Skyrock.com
  • Skyrock

    • Annonceurs
    • Jobs
    • Contact
    • Sources
    • Poster sur mon blog
    • Développeurs
  • Infos

    • Sécurité
    • Conditions
    • Aide
    • Signaler un abus
    • En chiffres
  • Mobile

    • Ton mobile
    • iPhone
    • Android
    • BlackBerry
    • Nokia
    • Samsung Wave
    • Windows Phone
  • Pays

    • International (english)
    • France
    • Canada (français)
    • Belgique (français)
    • Maroc (français)
  • Autres sites

    • Skyrock.fm
    • Tasanté
    • kwest
    • Zipalo
  • Blogs

    • L'équipe Skyrock
    • Honneurs
    • Vidéos
    • Gadgets
    • Newsmusic
    • Thèmes